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La Chine, pari
stratégique des multinationales
French.china.org.cn | Mis à jour le 16-07-2026
À l’heure où l’économie mondiale chancelle, les multinationales
continuent de miser sur la Chine en l’érigeant au rang de priorité
stratégique. Elles font le choix du long terme.
Ces trois dernières années, le nombre d’entreprises à capitaux
étrangers implantées en Chine n’a cessé de croître. Selon des
données du ministère du Commerce publiées le 23 mai, le pays compte
désormais plus de 530 000 entreprises étrangères, pour un montant
cumulé d’investissements directs étrangers (IDE) dépassant les 3 600
milliards de dollars.
Au cours des quatre premiers mois de 2026, 20 113 entreprises
étrangères ont été créées en Chine, soit une hausse de 6,8 % sur un
an. Plus de 3 000 d’entre elles ont élargi leur périmètre d’activité
sur cette même période. L’an dernier, plus de 8 000 ont réalisé des
investissements supplémentaires dans leur activité principale, en
progression de plus de 10 % par rapport à l’année précédente.
Conformément à son objectif d’ouverture, la Chine a facilité l’accès
à son marché, levé les restrictions de participation étrangère dans
l’industrie manufacturière et réduit à 29 le nombre d’entrées sur sa
liste négative, qui recense les secteurs interdits aux investisseurs
étrangers.
Extension des activités
La Chine ne cesse de consolider son statut de destination
privilégiée des investissements mondiaux. Selon le Rapport spécial
2026 sur la situation économique dans le sud de la Chine, publié le
10 mars par la Chambre de commerce américaine pour le sud de la
Chine (AmCham South China), 45 % des entreprises interrogées placent
le pays au premier rang de leurs priorités d’investissement
mondiales, soit une augmentation annuelle moyenne de six points de
pourcentage par rapport à 2024.
L’enquête a recueilli les réponses de 426 entreprises. Parmi elles,
37 % réalisent plus de 60 % de leurs revenus mondiaux en Chine, soit
une progression annuelle moyenne de six points depuis 2024. Par
ailleurs, 95 % des sondés affirment leur volonté de maintenir leurs
activités dans le pays et 75 % prévoient d’y réinvestir cette année.
Au total, les entreprises membres ont affecté environ 13,79
milliards de dollars de leurs bénéfices locaux à des
réinvestissements sur les trois à cinq ans à venir.
Pour s’adapter aux mutations de la consommation locale, de
nombreuses marques étrangères redoublent d’efforts en matière
d’ancrage culturel. Le 30 avril dernier, Starbucks China a annoncé
un partenariat avec le spectacle à succès, A Tapestry of a Legendary
Land, inspiré d’un chef-d’œuvre de la dynastie Song (960-1279), afin
d’intégrer l’esthétique traditionnelle chinoise dans la culture
quotidienne du café.
Recomposition du marché
Les données du ministère du Commerce montrent également que les IDE
réellement utilisés par la Chine ont totalisé plus de 287 milliards
de yuans au cours des quatre premiers mois de l’année, en baisse de
10,3 % sur un an.
Zhan Yubo, chercheur à l’Institut d’économie de l’Académie des
sciences sociales de Shanghai, explique dans un entretien avec le
portail d’information Yicai que les investissements étrangers en
Chine traversent une phase de restructuration. Celle-ci se
caractérise par une augmentation des nouvelles immatriculations
parallèlement à un recul des montants effectivement injectés.
Selon lui, bon nombre des nouveaux arrivants sur le marché chinois
sont des petites et moyennes entreprises. À mesure que certains
secteurs ralentissent et que la concurrence locale se renforce, les
acteurs établis tendent à être plus prudents. Les entrées d’IDE en
Chine avaient atteint un pic historique en 2022, avant de décliner
trois années consécutives. Le pays capte aujourd’hui environ 12 % du
total mondial et conserve son rang de deuxième destination mondiale.
La Chine n’attire plus seulement par la taille de son marché, mais
de plus en plus par la vigueur de son écosystème d’innovation. Les
chiffres du ministère du Commerce le confirment : sur les quatre
premiers mois de 2026, les capitaux étrangers injectés dans la haute
technologie ont bondi de 20,3 % sur un an pour atteindre 116,33
milliards de yuans, représentant pas moins de 40,4 % du total
national.
Selon la même source, la part des IDE dans les hautes technologies a
grimpé de 10,3 points sur un an. Rien qu’en mars, le géant
industriel allemand Siemens Energy a présenté 26 nouveaux produits
en Chine et annoncé un renforcement de sa coopération avec Alibaba
Cloud, une filiale du groupe technologique chinois Alibaba, afin
d’intégrer ses technologies industrielles à l’écosystème
d’innovation de ce dernier.
Siemens précise que les deux groupes élargissent leur collaboration
dans les infrastructures industrielles, l’automatisation et les
applications d’IA. Dans le cadre de ce partenariat, l’entreprise
allemande entend intégrer ses logiciels de simulation à
l’infrastructure cloud d’Alibaba pour offrir des services
d’ingénierie intelligents destinés au marché chinois.
Ouverture des services
Les restrictions aux investissements étrangers dans le secteur
manufacturier ayant été complètement levées, les services sont
devenus un axe majeur de l’ouverture du pays. Sur les quatre
premiers mois de l’année, les IDE effectivement investis dans les
services ont atteint 204,15 milliards de yuans, soit plus de 70 % du
total national.
Créé en 2015 dans la zone pilote de libre-échange de Shanghai, le
cabinet Baker McKenzie FenXun (FTZ) Joint Operation Office est la
première structure de coopération conjointe approuvée en Chine entre
des cabinets d’avocats chinois et étrangers. Il a participé à de
nombreuses introductions en bourse sur le STAR Market et à des
dossiers de fusions transfrontalières, profitant des politiques de
la zone pilote relatives à la coopération juridique internationale.
Selon Shi Miao, associée du cabinet, la politique menée dans cette
zone a levé les barrières dans le commerce des services, permettant
une coopération plus étroite entre les cabinets d’avocats chinois et
internationaux. « Nous élargissons nos services à des domaines tels
que l’intelligence artificielle et l’économie numérique afin
d’accompagner l’expansion mondiale des entreprises chinoises. »
Ces dernières années, les autorités chinoises ont régulièrement
allégé la liste négative des investissements étrangers, notamment
dans le secteur des services et ont introduit une liste spécifique
pour le commerce transfrontalier des services. À ce jour, vingt
zones pilotes nationales élargissent l’ouverture de ce secteur.
Un attrait qui demeure
Selon le ministère du Commerce, sur les quatre premiers mois de
l’année, les investissements dans la partie continentale de la Chine
en provenance du Luxembourg, de la Suisse, de la France et des
États-Unis ont augmenté respectivement de 110,3 %, 60,8 %, 58,3 % et
24,5 % sur un an.
M. Zhan fait remarquer que les investissements américains
s’orientent vers la haute technologie, les énergies nouvelles, la
biomédecine et les biens de consommation haut de gamme, pour
lesquels la demande est forte sur le marché chinois. « Les atouts de
la Chine, à savoir une chaîne industrielle complète, un vaste marché
de consommation et un soutien politique solide en faveur des hautes
technologies, continuent de sous-tendre ces tendances »,
souligne-t-il.
« La Chine continuera d’alléger son système de liste négative pour
le commerce transfrontalier des services et d’élargir l’ouverture
dans des secteurs tels que les télécommunications, l’Internet,
l’éducation, la culture et la santé durant la période du 15e Plan
quinquennal (2026-2030) », a déclaré Yan Dong, vice-ministre du
Commerce, lors d’une conférence de presse le 26 mai. « Cela attirera
davantage de multinationales qui installeront ici leurs activités de
recherche, de développement et de production, permettant ainsi aux
investissements étrangers de gagner en dynamisme d’innovation »,
a-t-il ajouté.
Source: La Chine au Présent
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